17 avril 2026 - 162 vues
La discorde à Flamarens (Gers) oppose la mairie à l'association Traditions Paysannes en Lomagne (TPL) autour d'une buvette nommée « Le Repos des pèlerins » Le conseil municipal a ordonné le démontage de la buvette, installée depuis 2018 sur le domaine public. La date butoir a été fixée au 27 avril 2026. Cette décision marque la fin d'une période de fortes tensions entre la municipalité et l'association présidée par Richard Fournier.
À Flamarens (Gers), l’association Traditions Paysannes en Lomagne (TPL) voit son activité
stoppée net en pleine saison, à la suite d’une décision municipale conditionnant l’occupation
du domaine public à la signature d’une charte contestée.
Le 26 mai 2025, cette charte est présentée à l’association. TPL émet des réserves et demande un dialogue. Le 13 février 2026, son assemblée générale refuse à l’unanimité de signer le
document en l’état, tout en restant ouverte à des échanges.
Aucun rendez-vous n’aura lieu.
Le 2 mars 2026, le conseil municipal décide de refuser l’autorisation d’occupation du domaine public. La décision n’est notifiée que le 25 mars, avec injonction de démonter les
installations avant le 27 avril, sous peine de verbalisation.
Résultat : la buvette « Le repos du pèlerin », en place depuis plus de dix ans et identifiée par
les marcheurs du chemin de Saint-Jacques, n’a pas pu ouvrir le 13 avril 2026.
Dans le même temps, une autre buvette associative, créée en 2023 à proximité immédiate, est
présidée par Madame le Maire. Ce traitement différencié interroge.
L’association TPL a saisi les services de l’État afin qu’un contrôle de légalité soit exercé sur
ces décisions. À quelques jours du démontage prévu le 20 avril 2026, une activité associative reconnue localement disparaît, faute de dialogue. TPL reste disponible pour échanger.
Communiqué rédigé collectivement par le président, les adhérents et les bénévoles de
l’association TPL
Flamarens - Communiqué de la commune
À la suite des mises en cause publiques formulées par l’association TPL, la commune souhaite apporter des éléments factuels.
Contrairement à l’image présentée, le fonctionnement de cette association a, depuis plusieurs années, soulevé des difficultés récurrentes : manque de transparence, décisions prises par un cercle restreint et départ de nombreux adhérents, dont certains ont directement saisi les élus.
La commune a pourtant cherché à établir un cadre de dialogue clair, notamment par l’élaboration d’une charte avec les associations. Malgré deux réunions organisées à cet effet, l’association ne s’est pas présentée à la seconde. Durant six ans, elle a refusé tout échange avec la municipalité, y compris dans le cadre des assemblées générales auxquelles le maire n’a jamais été convié.
Le dialogue n’a été engagé que très récemment, en réaction au refus de renouvellement de l’autorisation d’occupation du domaine public pour l’activité de buvette.
Dans les faits, l’activité de l’association a généré de nombreux manquements constatés à plusieurs reprises par les élus : non-respect des règles d’occupation de l’espace public, gestion inadaptée des déchets, installations non autorisées, consommation d’électricité sur des équipements communaux sans encadrement, ainsi que diverses atteintes aux règles de sécurité et d’usage, notamment dans l’église Saint-Saturnin, édifice protégé.
Par ailleurs, des pratiques relatives à la collecte et à l’utilisation de données personnelles, notamment des adresses électroniques et des numéros de téléphone personnels, ont été signalées et interrogent quant au respect de la réglementation en vigueur.
La buvette des pèlerins ne procure aucun avantage direct à la commune : l’occupation du domaine public se fait sans contrepartie, et les contributions annoncées par l’association sont soumises à conditions, ce qui en limite la réalité (3 880 € effectivement versés en six ans).
Malgré ces difficultés, la commune a maintenu un soutien constant dans un souci d’apaisement : mise à disposition de matériel et de locaux, relais de communication et attribution de subventions, en dépit de dossiers souvent incomplets.
Dans ce contexte, et faute d’amélioration du fonctionnement et de transparence, le conseil municipal a décidé à l’unanimité de ne plus accorder son soutien à l’association et de lui demander de libérer le domaine public occupé sur la place de l’église.
La commune reste pleinement attachée au dialogue avec l’ensemble des associations œuvrant dans l’intérêt général et dans le respect des règles communes.
Les Amis de Flamarens
L’association des Amis de Flamarens, créée en 1976, est une structure pleinement indépendante, reconnue d’intérêt général. Elle dispose de son propre fonctionnement, de ses instances et de ses ressources, sans lien de dépendance avec la commune.
Elle bénéficie par ailleurs d’un local, le « Bistrot des Amis », mis à disposition gracieusement par une habitante, sans intervention de la municipalité.
Depuis près de 50 ans, cette association mène de nombreuses actions culturelles (expositions, conférences, manifestations) qui participent directement à la vie et à l’attractivité de la commune.
Après une interruption liée à la crise sanitaire de 2020-2021, ses activités ont repris en 2023 grâce à la mobilisation de ses bénévoles.
L’association organise notamment un vide-grenier depuis plus de 20 ans, ainsi qu’un festival dans l’église depuis 2020. L’intégralité des bénéfices est consacrée à la sauvegarde de l’église Saint-Saturnin, pour laquelle elle a versé, sans aucune condition, 212 000 € depuis sa création.
Cet engagement constant, au bénéfice direct du patrimoine communal, s’inscrit dans la durée et dans l’intérêt général, en soutien aux différentes municipalités qui se sont succédées.
À titre d’exemple, depuis 2004 :
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18 607 € en 2005 pour le déblaiement et la sécurisation de l’édifice,
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4 000 € en 2007 pour l’étaiement de la tour escalier,
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38 573 € en 2013 pour la confortation du clocher,
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30 000 € entre 2017 et 2019 pour la stabilisation et la mise hors d’eau,
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10 000 € en 2023 pour la sécurisation du chœur.
Ces éléments objectifs illustrent à la fois l’indépendance de l’association et sa contribution significative et continue à la commune.
Photo/ TPL




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