Le Conseil départemental et le bailleur Habitalys s’engagent dans la lutte contre les violences faites aux femmes


28 novembre 2020 - 363 vues

La lutte contre les violences faites aux femmes et la promotion de l’égalité
femmes/hommes sont l’une des priorités que la présidente Sophie Borderie a souhaité
mettre au cœur de l’action du Conseil départemental. Dès le 8 mars dernier, elle a annoncé
la création d’une délégation à l’égalité femmes/hommes et à la lutte contre les
discriminations, confiée à Marylène Paillarès.
Dans le cadre de cette délégation, une feuille de route a été définie avec comme fil
conducteur la valorisation de l’engagement féminin sous toutes ses formes et la volonté
de mettre en place des actions concrètes.
Par ailleurs, la collectivité a déjà fait preuve de volontarisme en la matière : elle est
signataire du Protocole Départemental de prévention et de lutte contre les violences faites
aux femmes et finance le dispositif d’ISCG (Intervenante sociale en Gendarmerie et police).
Faciliter l’accès au logement est une nouvelle étape pour compléter le travail déjà
engagé dans le cadre de la prise en charge des violences intrafamiliales et de leur
accompagnement.
ÉTAT DES LIEUX
Il faut savoir qu’en 2018, en Lot-et-Garonne, 643 femmes ont été victimes de violences
au sein même de leur famille (sphère conjugale, familiale proche ou élargie). Un chiffre en
augmentation puisqu’elles étaient 574 en 2017 et 484 en 2016.
Les violences conjugales (commises par un conjoint / pacsé, un concubin, un ex conjoint /
pacsé, ou un ex-concubin) représentent 70 % des violences intra-familiales.
En 2018, on dénombrait 489 femmes victimes de violences conjugales, soit plus de 40 par
mois. En 2017, elles étaient 466, soit 38 par mois. Ce chiffre est également en
augmentation constante et ne fait état que de la proportion de femmes ayant osé parler
des violences subies.
Début 2020, HABITALYS a fait part au Département de son souhait d’approfondir sa
démarche en faveur de la lutte contre les violences faites aux femmes et aux
enfants.
En effet, l’accès au logement social est strictement encadré : le principe est l’instruction
de la demande avec l’exigence d’un dossier complet avant passage en commission
d’attribution. Or, cette procédure ne répond pas toujours aux besoins immédiats des
femmes violentées. La réponse à « l’immédiateté » passe par les centres d’hébergements
d’urgence dont la mission est d’accueillir et d’héberger en urgence les victimes de
violences. Ils permettent aux femmes de bénéficier d’un accueil aidant et sécurisant mais
les séjours doivent être de courte durée et les capacités d’accueil sont parfois insuffisantes.

Aussi, au-delà de la réponse d’urgence, HABITALYS propose :
- d’aider à la construction d’un parcours simplifié et sécurisé,
- d’initier un dispositif pour permettre à la victime et, le cas échéant, ses enfants, de
bénéficier d’un vrai « temps de pause » pour envisager un nouveau parcours de vie.
UNE SOLUTION D’HEBERGEMENT SURE ET TEMPORAIRE
Au-delà de l’accès à un logement de façon pérenne pour les femmes victimes de violence,
il paraît indispensable de pouvoir sortir du cadre légal des attributions de droit commun
(simplifier la mise en place) et de pouvoir proposer une solution d’hébergement
intermédiaire. Il ne s’agit pas d’une structure d’urgence mais bien d’une solution
d’hébergement sûre et temporaire pour contribuer ensuite à un relogement définitif.
Pour la mise en œuvre de ce dispositif d’hébergement intermédiaire, HABITALYS s’engage
à mobiliser 12 logements, répartis sur l’ensemble de son parc locatif, et
principalement dans les communes de Foulayronnes, le Passage, Villeneuve sur Lot, Fumel,
Marmande, Tonneins et Casteljaloux.
Les logements seront remis en état et mis à disposition, équipés, meublés, et prêts à
accueillir les publics envisagés (compteurs ouverts) et les loyers seront pris en charge ainsi
que les accessoires.
Les adresses seront tenues confidentielles pour assurer la sécurité des occupantes (parc
« tournant »).
Les logements seront de type 2, 3 ou 4 et l’accueil des femmes sera assuré le plus souvent
par des associations partenaires ou par les communes directement selon les cas.
FINANCEMENT
Le prix de revient de ces 12 logements mis à disposition est estimé à 77 000 € par an et
comprend les loyers et toutes les charges notamment d’énergie et de fluides. Il est en effet
envisagé de ne pas facturer un quelconque coût aux associations et encore moins aux
victimes hébergées.
A cela, s’ajoute, pour la première année, le coût d’agencement et d’ameublement
des 12 logements, agencement pour lequel il est fait appel à des commerces et des
associations ainsi qu’à la contribution des salariés d’HABITALYS qui ont tous été sollicités
(vaisselles, décorations etc…). Quelques éléments de mobilier devront être achetés, pour
un coût estimé à 12 000 €.
L’objectif reste de pouvoir pérenniser le dispositif dans le temps, notamment sur le coût
du logement et des charges, HABITALYS prenant à sa charge une part des loyers non
quittancés.
 Des partenariats pour consolider le dispositif
Les personnes à loger d’urgence seront identifiées et orientées vers le dispositif par des
associations de lutte contre les violences faites aux femmes. Les bénéficiaires de logements
devront pouvoir bénéficier d’un accompagnement et d’un soutien répondant à leurs besoins
spécifiques.
 Intervention du Département
Le Département soutient ce dispositif par une subvention forfaitaire de 10 000 €, pour
contribuer à couvrir les loyers et charges non perçus par Habitalys auprès des bénéficiaires.
Ce dispositif d’hébergement débutera très prochainement puisqu’un appartement pourrait
être prêt sur Marmande dès le 25 novembre. @Foto du CD47 

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