Maurice Genevoix (1890 - 1980) Des tranchées à l'Académie française


10 novembre 2020 - 311 vues

Né à Decize au bord de la Loire dans la Nièvre le 29 novembre 1890. Il passe son enfance à Châteauneuf-sur-Loire. L’eau de la Loire, à laquelle se mêle celle des étangs de Sologne, le captive.

À l’été 1914, il se prépare à passer l’agrégation de lettres. Son objectif ? Effectuer une carrière universitaire à l’étranger. Maurice Genevoix veut voyager.

Éclate alors la guerre qui chamboule la vie de plusieurs générations d’hommes et de femmes. Les rêves sont brisés, les vies sont sacrifiées.

Maurice Genevoix a 24 ans. Mobilisé, il interrompt donc ses études pour rejoindre le front comme officier d’infanterie. Le banc de l’école qu’il vient de quitter lui manque. Désormais, son quotidien, c’est l’enfer des tranchées. Le froid, la pluie, la boue, les rats. Et puis la maladie, les combats, le sang, et la mort, bien sûr. 

Entre février et avril 1915, des combats s’enchaînent entre Français et Allemands pour la maîtrise de la crête des Éparges, dans la Meuse. Les pertes humaines sont nombreuses, les gains territoriaux ridicules. La bataille des Éparges annonce les désastres de Verdun et de la Somme à venir…

Au cours d’un assaut, le 25 avril, Maurice Genevoix est très grièvement blessé. Il est réformé à 70% d’invalidité et perd l’usage de sa main gauche.

Académicien et porte-parole des anciens combattants

Au sortir de la guerre, plutôt que reprendre ses études et de passer l’agrégation, il préfère exorciser sur le papier cette guerre dont il vient d’être témoin, et victime. Depuis les bords de Loire, il tire de cette terrible épreuve un ouvrage en cinq volumes Ceux de 14. L’œuvre se placera parmi les plus grands témoignages de la Première Guerre mondiale. 

En 1925, il reçoit le prix Goncourt, pour son roman Raboliot. Cette œuvre, dont le nom vient d’une rabolière, terrier où la lapine fait ses petits, raconte l’histoire d’un braconnier, ancien soldat de 1914, épris de liberté et qui se révolte contre les privilégiés.

En 1946, il est élu à l’Académie française. Douze ans plus tard, il en devient le Secrétaire perpétuel. Il y est très actif et influent.

C’est après la Seconde Guerre mondiale que Genevoix devient finalement un porte-parole des vétérans de la Grande Guerre. En 1951, il devient le président-fondateur du Comité National du Souvenir de Verdun (CNSV). Président de nombreuses commémorations officielles, il met son engagement, son éloquence et sa plume au service des anciens combattants dans les années 1950 et 1960. 

En vacances près d’Alicante, en Espagne, il est victime d’une crise cardiaque et meurt le 8 septembre 1980. Sa notoriété dépasse largement le milieu littéraire. En novembre 2020, ses cendres rejoindront le Panthéon. @Source https://www.herodote.net/

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